Enseignement spécialisé, coup de gueule d'une jeune prof

Venez tous :o) ... blabla, coup de gueule, délire... Faut que ça bouge!!
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Beaumont
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Enseignement spécialisé, coup de gueule d'une jeune prof

Post by Beaumont » 01 Dec 2006 14:27

Je transmets ce "petit coup de gueule" qui m'a été envoyé par une copine qui est prof en France. Vos réactions sont les bienvenues, je lui transmettrai !
Je suis professeur d’Histoire-Géographie depuis 8 ans, niveaux collège/lycée.
Durant mes études, j’ai travaillé en école primaire et faisais du bénévolat pour « l’école à l’hôpital » de Cergy-Pontoise. J’y ai fait mes armes, me suis passionnée de plus en plus.
Depuis mon installation en Normandie, je travaille (bénévolement) à l’hôpital de Lisieux avec une institutrice spécialisée qui semble apprécier mon aide… Elle m’a invitée à un colloque pour m’introduire dans ce milieu, mais à quoi bon…
En attendant, nous effectuons tous les vendredi un excellent travail d’équipe, avec des enfants de niveau collège autant que primaire. J’attendais le vendredi avec une grande impatience. J’ai appris que certains de mes collègues se rendent au chevet d’élèves malades… comme moi, sauf qu’eux sont payés…
Mais cela n’enlève rien à ma motivation et au plaisir que je ressens toujours en franchissant les portes de l’hôpital.
Cette « mission » que je me suis confiée, j’y pense de plus en plus.
J’entreprends alors des démarches pour me spécialiser.
Résultat : c’est avec grand plaisir que les responsables de l’enseignement spécialisé apprennent que je fais du bénévolat… Et surtout, ils me suggèrent très vivement de continuer, ne manquant pas de me féliciter au passage…
Effectivement : ils me font comprendre que, étant dans l’enseignement privé, il me sera très difficile de faire de cette passion un métier… Et oui, il faut croire que dans le privé, nous faisons moins cas des enfants malades ou handicapés…

De plus, j’ai un second défaut : je travaille en collège… (?) Si je veux me spécialiser, je dois passer le concours d’instit’… Je me pose donc des questions :
Les profs en collège seraient-ils moins aptes à s’adresser à ces enfants ?
Les collégiens auraient-ils moins besoin de soutien scolaire que les élèves de primaire ?
Ou n’y a-t-il pas d’enfants malades ou handicapés de plus de 10 ans ?
Enfin, un professeur ne peut-il apporter une aide dans d’autres matières que celles enseignées habituellement ?

Les autorités me dirigent alors vers les instituts spécialisés, me disant de choisir entre m’occuper d’enfants sourds, aveugles, etc… Et de revenir les voir quand je serai davantage fixée... (à croire que mon rêve d’enseigner dans les hôpitaux est à jeter définitivement à la corbeille).
Et puis, me rendre (toujours à mes frais bien-sûr) dans ces instituts (loin de chez moi), voir des personnes effectuer des métiers passionnants, pour quoi ?
Pour que l’on me dise, comme pour l’école à l’hôpital, que je ferais bien de continuer le bénévolat puisque, de toutes façons, les concours d’enseignement spécialisé ne sont ouverts qu’aux personnes effectuant déjà ce métier depuis au moins 3 ans… Allez comprendre…

L’institutrice de Lisieux, avec qui nous travaillions si bien est partie en retraite l’année dernière. Je l’ai revue cette année et quand je lui ai demandé des nouvelles, elle m’a dit qu’à l’hôpital, une jeune instit’ avait été nommée à son poste sans qu’elle l’ait demandé (comme si enseigner à l’hôpital pouvait s’imposer sans formation ni vocation particulière), n’étant pas attirée par ce milieu… Résultat, elle est encore en congé maladie pour dépression…
Son remplaçant semble mieux s’adapter même s’il prétend lui aussi n’avoir pas demandé ce poste. Il rappelle souvent l’institutrice qui m’avait accueillie pour lui demander de l’aide…

Pendant ce temps, je continue mon métier, comme on me le demande parce que, comme m’a dit mon directeur l’année dernière : « c’est bien de faire du bénévolat, vous devriez en faire davantage… Avez-vous pensé à en faire durant vos heures de repas ? »

Et oui, comme me l’ont dit aussi les responsables de l’enseignement spécialisé, « nous avons besoin de gens motivés comme vous » mais comme ils ne peuvent rien nous offrir d’autre (faute de moyens soit-disant), ils nous demande juste de continuer le bénévolat…

Bravo, notre belle motivation s’est envolée… Objectif atteint !
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ElieDeLeuze
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Post by ElieDeLeuze » 01 Dec 2006 21:01

Je compatis avec tous ceux qui ne peuvent pas exercer le métier de leurs rêves, mais ma sympathie s'arrête là.

En effet, cette dame ne veut pas admettre qu'elle s'est trompée dans son orientation, et elle n'a pas l'air de savoir que ses désirs ne sont pas des ordres. Le bon sens dont elle fait preuve est tout à son honneur, mais si la vie était aussi simple, ça se saurait. Je me suis aussi heurté à un système de recrutement des profs en Norvège et au Danemark qui défit l'entendement, et je n'en fais pas tout un fromage. J'ai fait ce qu'il y avait à faire et j'ai trouvé ma voie quand même. Certaines gens ont l'irritant réflexe de se pâmer publiquement dans un rôle de victime alors que tout le monde a des épreuves à surmonter dans la vie. Et franchement, mesuré à ce dont j'ai été le témoin, sa situation est aussi regrettable que dérisoire.

Je pense que cette dame fait une fixation sur un désir qu'elle présente comme légitime, mais je trouve toute cette agitation bien inélégante. Je laisse cette dame à son verre d'eau.... et à sa tempête. :roll:
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Sisyphe
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Post by Sisyphe » 01 Dec 2006 23:19

:roll: Bon, je vais te donner mon avis d'éducationationalologue, on peut en avoir d'autres.


J’entreprends alors des démarches pour me spécialiser.
Résultat : c’est avec grand plaisir que les responsables de l’enseignement spécialisé apprennent que je fais du bénévolat… Et surtout, ils me suggèrent très vivement de continuer, ne manquant pas de me féliciter au passage…

...

Pour que l’on me dise, comme pour l’école à l’hôpital, que je ferais bien de continuer le bénévolat puisque, de toutes façons, les concours d’enseignement spécialisé ne sont ouverts qu’aux personnes effectuant déjà ce métier depuis au moins 3 ans… Allez comprendre…

...

Et oui, comme me l’ont dit aussi les responsables de l’enseignement spécialisé, « nous avons besoin de gens motivés comme vous » mais comme ils ne peuvent rien nous offrir d’autre (faute de moyens soit-disant), ils nous demande juste de continuer le bénévolat…

...

Pendant ce temps, je continue mon métier, comme on me le demande parce que, comme m’a dit mon directeur l’année dernière : « c’est bien de faire du bénévolat, vous devriez en faire davantage… Avez-vous pensé à en faire durant vos heures de repas ? »
Ca, il faut bien comprendre une chose : dans la fonction publique ou para-publique en générale, et dans l'EN en particulier, tout ce que vous donnez... Vous sera pris.

Pourquoi une administration paierait-elle un individu qui accepte de travailler gratuitement ? Si le chef peut afficher 80 heures de travail effectuées pour un coût de 60 heures et qu'il a donc "économisé" 20 heures, son chef sera content : il a fait faire des économies. Sa carrière n'en sera donc que facilitée. Tout comme celle du chef. Le moins-dépenser est devenu un dogme, et ça suppose des sacrifices.

Donc, il ne faut "rien lacher". Et c'est par exemple un des nombreux motifs de mécompréhension entre parents et profs. Non, un prof ne fera pas une demi-heure de plus non payée pour "boucler" une option, même s'il a envie (et c'est souvent le cas) d'enseigner cette matière-là et que s'il n'y allait que de lui-même, il le ferait volontiers (je connais pas mal de gens dans cette situation, puisque c'est souvent le cas pour le latin ou le grec), que ce n'est ni le temps occupé ni l'argent non-gagné qui le retiennent. Mais si on accepte une demi-heure de plus non-payée pour la gloire d'une option rare (grec, chinois, sciences experimentale, etc.) une année, l'année suivante on vous imposera cette demi-heure, payée ou non, et dans le cadre du service normal (et l'option mourra quand même). La logique de la hiérarchie, c'est celle du macho face à la jeune fille : si elle n'est pas dit franchement "non", c'est qu'elle est consentante. Et d'ailleurs si elle a dit "non", c'est qu'elle pensait oui. Et qu'en plus c'est une salope et une aguicheuse.

Quand on est titulaire, on peut encore se défendre. Quand on est dans une situation de sous-fonctionnaire (précaire du public, ou employée du privé sous contrat comme je pense que c'est le cas, voir plus bas) c'est plus dur.
Effectivement : ils me font comprendre que, étant dans l’enseignement privé, il me sera très difficile de faire de cette passion un métier… Et oui, il faut croire que dans le privé, nous faisons moins cas des enfants malades ou handicapés…
Toute la question est de savoir quel est le statut de cette dame. Il ne faut jamais oublier qu'en France, on a un statut avant d'avoir un métier et (surtout) un salaire. On en pense ce qu'on en veut, mais il faut partir de cette réalité-là.

Deux possibilités : soit elle est dans le privé privé, hors contrat - ou hors-cafep et même hors-auxiliaire dans le privé sous contrat ; dans les deux cas, catégorie confidentielle. Dès lors, c'est comme si elle était charcutière, pour l'Etat, elle n'est pas une enseignante. Ce serait en l'occurence triste, mais dans la mesure où le privé hors-contrat a une totale liberté de recrutement et ne subit presque aucun contrôle, rien ne vient prouver ses capacités d'enseignante, fussent-elles sublimes... Mais engageriez-vous une personne pour servir d'architecte s'il ne peut pas vous présenter de diplôme habilitant (de quelque nationalité que ce soit), parce qu'il vous affirme qu'il a appris sur le tas et dessiné des plans pendant dix ans au Bélouchistan ? Si c'est votre ami et que vous avez confiance en lui, oui (encore que la loi vous l'interdise d'ailleurs). Mais l'Etat n'est "l'ami" de personne, et heureusement ; si une administration pouvait recruter par copinage, ce serait la Centrafrique tout de suite...
... Je signale toutefois que, de même qu'existe aujourd'hui la VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) dans les universités, il existe des concours de l'enseignement (dits "troisièmes concours") pour les gens dans cette situation ; mais peut-être pas pour le CAPA-SH, effectivement.

Ou alors, comme je le pense, elle est dans le privé sous contrat, titulaire du CAFEP. Dans ce cas, je m'étonne un peu de la suite :
De plus, j’ai un second défaut : je travaille en collège… (?) Si je veux me spécialiser, je dois passer le concours d’instit’… Je me pose donc des questions :
Les profs en collège seraient-ils moins aptes à s’adresser à ces enfants ?
Les collégiens auraient-ils moins besoin de soutien scolaire que les élèves de primaire ?
Ou n’y a-t-il pas d’enfants malades ou handicapés de plus de 10 ans ?
Enfin, un professeur ne peut-il apporter une aide dans d’autres matières que celles enseignées habituellement ?
Je ne me prononcerai pas sur la dernière question, car la réponse sera très différente selon le contexte.

Mais pour ce qui est de l'enseignement spécialisé à niveau collège-lycée (équivalent CAPES, donc), il existe bel et bien... C'est d'ailleurs assez récent. Il n'y avait autrefois que le CAPSAIS, qui recrutait effectivement des instituteurs. Il y a aujourd'hui deux concours : le CAPA-SH à niveau primaire, et l'impronçable et surtout indésiglable 2CA-SH à niveau secondaire.

Renseignements ici : http://www.ais.edres74.ac-grenoble.fr/I ... PA-SH.html


(je précise au passage que les deux ne sont pas uniquement réservé à l'enseignement aux handicapés, contrairement à ce qu'on entend parfois ("le capchamachin c'est pour enseigner aux gogols") mais bien à l'enseignement spécialisé sous toutes ses formes : le texte de loi dit bien :
Article 1 - Il est institué un certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (CAPA-SH) destiné à attester la qualification des enseignants du premier degré pouvant être appelés à exercer leurs fonctions dans les écoles, établissements, services accueillant des élèves présentant des besoins éducatifs particuliers liés à une situation de handicap, une maladie, ou des difficultés scolaires graves et à contribuer à la mission de prévention des difficultés d'apprentissage.
Quant à la base de recrutement, là encore elle est claire :
Article 7 - L’examen du certificat complémentaire pour les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (2CA-SH) est ouvert aux professeurs titulaires des lycées et collèges de l’enseignement public, quel que soit leur corps, ainsi qu’aux maîtres contractuels ou agréés des établissements d’enseignement privés sous contrat du second degré, quelle que soit leur échelle de rémunération.
Donc, si la personne enseigne dans le privé sous contrat (voire sans le CAFEP, puisqu'ils disent "agréés ou contractuels"), c'est OK. Dans ce cas, le type qui lui a répondu ou bien est à côté de la plaque (y'a des nuls partout) ou bien essaie sciemment de lui mentir, toujours pour afficher un beau score "d'économies".
Les autorités me dirigent alors vers les instituts spécialisés, me disant de choisir entre m’occuper d’enfants sourds, aveugles, etc… Et de revenir les voir quand je serai davantage fixée... (à croire que mon rêve d’enseigner dans les hôpitaux est à jeter définitivement à la corbeille).
Là, je ne suis pas sûr de bien comprendre de quoi il retourne.

Est-ce que l'autorité administrative, n'ayant pas compris qu'elle avait déjà une nette expérience de la chose et une motivation réelle lui a conseillé de d'abord bien fréquenter le monde de l'enseignement spécialisé avant de se préparer un concours ? Dans ce cas, il y a eu méprise, mais on peut comprendre que l'administration dissuade des gens trop naïfs de s'engager dans un travail aussi dur... J'en connais, des jeunes filles qui par "bonnesoeurisme" (de toute évidence, ce n'est pas du tout le cas ici évidemment) vous déclarent vouloir enseigner à des handicapés mentaux sans se rendre compte que ça consiste non seulement à être gentille et patiente, mais aussi connaître tous les aspects médicaux des troubles en question et, surtout, à gérer les pipis, cacas et masturbations compulsives de ces pauvres êtres (j'en parle en connaissance de cause : j'ai un ami qui a travaillé dans des structures pour débiles profonds - au sens médical du terme).

Au bien lui demande-t-on un stage préalable ? Légalement, ça peut. Mais s'il y a stage, du moins à temps complet, il y a rémunération.

En revanche, effectivement, il lui faudra choisir parmi une série d'options (ou sourd, ou aveugle, ou malade, etc.), c'est comme ça. J'aimerais bien enseigner le français et l'allemand, mais ce n'est pas possible.
Et puis, me rendre (toujours à mes frais bien-sûr) dans ces instituts (loin de chez moi), voir des personnes effectuer des métiers passionnants, pour quoi ?
Si nous sommes dans le deuxième cas, et qu'il s'agit bien de la formation en elle-même, effectivement, il y a de fortes chances que ce soit à ses frais. En tant que tête de mûle syndicale, je suis bien d'accord : c'est scandaleux, mais la formation continue dans la fonction publique ou para-publique est peu prise en charge (mais elle l'est parfois, ou partiellement, se renseigner).
L’institutrice de Lisieux, avec qui nous travaillions si bien est partie en retraite l’année dernière. Je l’ai revue cette année et quand je lui ai demandé des nouvelles, elle m’a dit qu’à l’hôpital, une jeune instit’ avait été nommée à son poste sans qu’elle l’ait demandé (comme si enseigner à l’hôpital pouvait s’imposer sans formation ni vocation particulière), n’étant pas attirée par ce milieu… Résultat, elle est encore en congé maladie pour dépression…
Son remplaçant semble mieux s’adapter même s’il prétend lui aussi n’avoir pas demandé ce poste. Il rappelle souvent l’institutrice qui m’avait accueillie pour lui demander de l’aide…
Typique.

C'est une grande mode actuelle : le "poste à profil" - vous avez dû en entendre parler pour les ZEP : le recrutement de profs "volontaires" ; gros flop : les postes ne sont pas pourvus puisqu'on ne trouve pas de gens correspondant au profil, et on les fourgue au fond à n'importe qui. Notez qu'on aura quand même dépensé du fric pour faire fonctionner la commission de recrutement, qui n'aura servi à rien.
J'ai tendance à la voir comme une conséquence de "l'entreprisisme" à la mode dans la FP : il faudrait gérer la FP comme une entreprise. Entendons-nous : les entreprises du privé ont leur mode de fonctionnement qui est valable et efficace pour elles-mêmes. Mais le transposer tel quel dans le public et à peu près aussi idiot que de vouloir faire le contraire. On peut recruter sur un profil quand la base de recrutement est "ouverte" : il y a un vaste marché de l'emploi et on peut sélectionner l'individu qui présente par ses diplômes et son expérience le profil le plus adapté.
Mais pour les postes spécialisés de la fonction publique, la base de recrutement est déjà fermée : on choisit parmi des gens qui sont déjà recrutés, à leur manière sur un profil (le concours) correspondant à un autre poste, et qui sont numériquement et juridiquement limités.

Si l'on veut des gens à des postes spécialisés, il faut des recrutements spécialisés, qui intègrent dans leur formation le profil du poste à pourvoir. C'est bien à ça que servent CAPA-SH et 2CA-SH. Encore faut-il que l'autorité en charge n'essaie pas de contourner le recrutement, pour faire des économies... Dans le cas présent, le poste à l'hôpital devrait relever du CAPA/2CA-SH ou d'un autre. Sauf qu'on le réserve au corps "normal" des enseignants parce que ça coûte moins cher (ou que c'est un autre ministère qui paie ! C'est peut-être le cas ici ; je crois que les CAPA relèvent des Affaires Sociales et non de l'EN, à vérifier), en prétendant hypocritement qu'on va lui donner un "profil".

*

:) Je vais lâcher un gros mot qui ne va pas plaire à Beaumont : "syndicats".

Rien que le fonctionnement "normal" de l'Education Nationale (et de son appendice privé-sous-contrat) est dédalien. Alors les cas particuliers, ça demande une compétence particulière. Et des gens ayant cette compétence, cette connaissance du système et des droits à la promotion de chacun, et qui par ailleurs ne soit pas parti dans la chose (comme l'est l'administration elle-même), on ne les trouve que dans les syndicats, parmi les permanents. La palette politique, de l'ultra-gauche à la droite incluse, est assez large pour qu'on y puisse trouver son bonheur, et il existe au moins un syndicat indépendant propre à l'enseignement privé (une "filiale" de la CFDT, mais j'ai plus son nom en tête) que cette personne doit au moins connaître de nom. C'est eux qu'il faut voir.
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Post by kokoyaya » 02 Dec 2006 00:05

Ouais, j'ai lu jusqu'au bout ! :)
Le temps de digérer le morceau, je réfléchis et vous dirai couac j'en pense.

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Post by Beaumont » 04 Dec 2006 15:58

Je vous transmets les remerciements de ma copine. :drink:

Kokoyaya si tu sens un poids particulier qui te tire la bouche vers le bas c'est parce qu'on est suspendus à tes lèvres. ;)
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Post by kokoyaya » 04 Dec 2006 16:04

Beaumont wrote:Kokoyaya si tu sens un poids particulier qui te tire la bouche vers le bas c'est parce qu'on est suspendus à tes lèvres. ;)
Ben en fait, je rejoins Sisyphe sur beaucoup de points et j'ai du mal à écrire des choses qu'il n'aurait pas déjà écrites :-?

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Post by joey » 04 Dec 2006 20:09

Beaumont wrote:Je vous transmets les remerciements de ma copine. :drink:

Kokoyaya si tu sens un poids particulier qui te tire la bouche vers le bas c'est parce qu'on est suspendus à tes lèvres. ;)
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Post by Sisyphe » 05 Dec 2006 00:36

Renseignements pris auprès d'une amie dont les parents sont dans l'enseignement spécialisé, il semble effectivement que le fonctionnement du 2C-SH soit encore assez flou. Autant l'enseignement primaire spécialisé (pour les titulaires du CAPA-SH, ex CAPSAIS) a une vieille tradition derrière lui (ne serait-ce que par l'existence des SEGPA), autant l'existence d'un véritable enseignement spécialisé secondaire semble assez peu établi.

En gros : le 2CA-SH existe dans les textes. Mais il n'y a pas encore de structure de formation bien installées, donc a fortiori pas partout, ça dépend un peu des moyens et du bon vouloir des rectorats et des IUFM. La possibilité de carrière avec le 2CA-SH n'est pas non plus bien claire ; il semblerait qu'il fonctionne plus comme une compétence complémentaire que comme le recrutement d'un corps particulier.
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Post by Sisyphe » 05 Sep 2007 23:49

Je déterre ce vieux fil consacré à l'enseignement spécialisé car j'ai découvert fortuitement dans mon IUFM une courte mais efficace documentation sur le 2CA-SH, dont il avait été question, c'est-à-dire l'examen de certification (ce n'est pas un concours) destiné aux professeurs du second degré souhaitant enseigner dans les situations de handicap...

... Ce qui était une nouveauté il y a un an et dont l'organisation semblait encore assez floue semble se mettre en place au moins dans l'Académie dont je dépends.

Malheureusement, ma documentation vaut pour l'année scolaire qui commence, et les inscriptions à la préparation de ce certificat se closaient... aujourd'hui ! :(

Mais à tout le moins, j'ai une base, des adresses internets et postales, des textes de références à citer.

À titre indicatif, pour cette année, il y avait une réunion d'information fin juin, les candidatures étaient à remettre jusqu'à aujourd'hui 5 septembre et devaient être liées à un projet explicite de l'établissement (je cite), et un entretien aura lieu le 12. Ca vous donne une idée du calendrier.

À titre indicatif aussi, l'examen (du moins dans mon académie, mais ça doit être la même chose ailleurs) se compose
- D'une séquence de 55 minutes dans une classe accueillant des élèves concernéees par l'option suivie + entretien.
- D'un mémoire professionnel de 30 pages.

Il y a semble-t-il 6 options, mon dépliant ne cite la E (troubles psys ?), mais qui est peut-être préparée ailleurs :
A : sourds et malentendants.
B : aveugles et malvoyants
C : déficience motrice acquise ou trouble évolutif amenant à une invalidité.
D : troubles cognitifs
F : enseignements type SEGPA, pénitentiaires, déscolarisés, etc;

Pour des raisons de... discrétion, je ne pose pas ici les liens donnés par la feuille en question. Envoyez-moi un MP si vous voulez plus d'informations.

PS : Beaumont, je te dois un MP, dans sa réponse, je veux bien des nouvelles de ta copine.
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Post by Sisyphe » 23 May 2008 08:52

:) Je redéterre ce fil, pour informer du fait que

a) Les prérecrutements (accès à l'année de formation) pour le 2CA-SH et le CAPA-SH se déroule en ce moment-même. Allez sur les sites des IUFM de vos académies ou contactez les réctorats. Vite.

Tous les IUFM n'assurent pas de formation à l'éducation spécialisée, et tous ne le font pas non plus dans tous les domaines (il semblerait que le B ne se fasse qu'à Suresne). Il faut se renseigner.

b) J'ai depuis collecté pas mal d'information sur l'organisation de ces filières, et je peux éventuellement donner quelques contacts.
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Post by Beaumont » 24 May 2008 15:30

Je te transmets à nouveau les remerciements de ma copine. ;)
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Re: Enseignement spécialisé, coup de gueule d'une jeune prof

Post by Sisyphe » 27 May 2010 00:42

:) Alors, comme tous les ans ou presque, je déterre.

L'inscription aux formations préparatoire au 2CA-SH se fait à peu de chose près maintenant et jusqu'à mi-juin (avec des dates variables selon les académies). J'ai tout expliqué dans les postes précédents, je rappelle les "spécialités" :

A = sourds et malentendants
B = aveugles et malvoyants
C = déficience motrice et longues maladies
D = troubles cognitifs
E = "dominante pédagogique" traitement de la très grande difficulté scolaire
F = SEGPA, EREA, enseignement en centre pénitentiaire
G = "dominante rééducative"

Vous pouvez contacter :
- Les rectorats (le plus souvent la DAFOP, délégation académique à la formation et à l'orientation des personnels).
- Les IUFM
- L'institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (INS-HEA), 01.41.44.31.00 pour l'option B.

Toutes les académies n'organisent pas toutes les options, sauf peut-être le groupe "PVC" (;) Paris-Versailles-Créteil). La formation est de plus ou moins 150 heures, filées ou massées.

Pour finir, pour donner un exemple de ce qu'on demande, des mémoires ASH en ligne : http://dcalin.fr/annales/memoires.html

L'enseignement spécialisé étant une des rares choses qui ait bien évolué ces dernières années dans l'éducation nationale (le traitement du handicap en lui-même, on peut en débattre), autant la faire vivre. Oyez oyez...

(Beaumont, des nouvelles de ta copine ?)
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Re: Enseignement spécialisé, coup de gueule d'une jeune prof

Post by Sisyphe » 21 Feb 2017 16:05

:P Je me suis souvenu de ce fil plus que décennal... Ce n'est pas vraiment le rôle de LokaNova, mais puisque c'était Beaumont himself qui l'avait ouvert, et au-cas-z'où des gens arriveraient sur ce fil à la suite d'une recherche ad hoc, je me permets de signaler que la législation a changé, et qu'au 2CA-SH et au CAPA-SH a succédé le CAPPEI (la siglite est une pénible maladie génétique de l'éducation nationale :evil: ...).

Je me permets de renvoyer vers la page d'un syndicat (qui n'est pas le mien !), parce qu'elle est neutre et très bien faite, et que de toute façon, je ne ferais que les recopier :

http://sgenplus.cfdt.fr/article/prepare ... -pourquoi/

Les décrets d'application, pour les courageux ou les passionnés, se trouvent au bulletin officiel du 16 février 2017 (une lecture passionnante, si vous ne savez pas quoi faire de vos jeudi :roll: ) :

http://www.education.gouv.fr/pid285/le- ... d_bo=36001

Voilà...
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Re: Enseignement spécialisé, coup de gueule d'une jeune prof

Post by Latinus » 21 Feb 2017 16:29

Je me disais aussi que le déterrage traditionnel se faisait attendre ;)

Lokanova (forum) en tant qu'entité n'a pas un rôle strictement établi. Il ne s'agit pas de liens commerciaux ou de promotion personnelle... et par ailleurs ça a un rapport avec le sujet donc tout va bien.
Les courses hippiques, lorsqu'elles s'y frottent.

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