Nous informons les résidANTS

Bienvenue sur le forum Freelang.com !

Moderators: didine, Beaumont, Sisyphe, kokoyaya

Post Reply
aymeric
Membre / Member
Posts: 1095
Joined: 03 Dec 2006 21:07
Location: Alexandrie
Contact:

Nous informons les résidANTS

Post by aymeric » 06 Apr 2016 00:35

Bonjour,

Je me demandais d'où venait cette orthographe, qui semble aujourd'hui être la seule utilisée par les syndics de France et de Navarre ? Plaques, courriers, affiches, tout fait référence à des résidants comme si le mot "résident" n'était pas français. J'ai raté un épisode ?

Merci...

User avatar
svernoux
Membre / Member
Posts: 17468
Joined: 09 Jun 2004 09:55
Location: Beaujolais

Re: Nous informons les résidANTS

Post by svernoux » 06 Apr 2016 01:21

Pour moi, c'est fautif, même si apparemment on ne peut pas être aussi catégorique que ça :
http://www.langue-fr.net/Resident-residant
Sonka - Сонька

User avatar
Sisyphe
Freelang co-moderator
Posts: 10484
Joined: 08 Jan 2004 19:14
Location: Au premier paquet de copies à gauche après le gros dico

Re: Nous informons les résidANTS

Post by Sisyphe » 06 Apr 2016 01:53

Morphologiquement, la limite entre adjectif verbal et participe présent est un facteur de faute courant, que j'aime à expliquer d'ailleurs (fatigant/fatiguant)...

Sémantiquement, un participe présent superficiellement substantivé tendrait plutôt à désigner un "agent provisoire" ("un ayant-droit", il se trouve qu'il a des droits, mais ce n'est pas un métier) d'un "agent permanent"... Ce qui oppose en français "le sauveur" ("vous êtes mon sauveur, Jésus est mon sauveur" : ils me sauvent effectivement) du "sauveteur" (en mer, dont c'est le métier mais qui peut très bien n'avoir jamais sauvé personne d'autre que des mannequins physiologiques).

;) Cela dit j'ai toujours préféré les élèves aux apprenants, et les professeurs aux enseignants (pourtant totalement substantivés, puisqu'ils prennent la marque de l'article). L'élève veut qu'on l'élève, c'est son métier au sens sociologique, le professeur professe, c'est sa vocation (au sens quasi luthérien, je suis très luthérien), ils sont structurellement là pour faire quelque chose de précis tous les jours de leur vie pendant une quinzaine d'année pour l'un et une quarantaine pour l'autre. D'un point de vue linguistique, les apprenants sont tous ceux qui sont là pour apprendre quel que soit leur âge et statut (élève, étudiant, apprenti, adulte en formation), et idem pour l'enseignant (instituteur, professeur, etc.)... À la rigueur, l'apprenant peut n'être qu'un adulte en formation continue le temps d'une journée, et l'enseignant un cadre du secteur concerné qui ce jour-là anime la formation... Il se trouve que l'un apprend et l'autre enseigne ce jour-là.

Je laisse Elie s'énerver sur un plan plus politico-pédagogico-idéologico-lexical... ;) Rien que "animer", ça fait réveiller le taureau :meuh:

En fait, "résidant" m'apparaît quand même comme une faute pour cette raison. Dans mon immeuble, il y a des co-propriétaires et des locataires. Mais tous les deux sont des "résidents", ils ont un titre juridique qui leur donne des droits structurels à résider. En revanche, si j'invite un copain pour une soirée-pyjama (ou tout autre sexe pour toute autre finalité ;) ), ce sera un "occupant"... Cela dit, avec l'apparition du "concubin notoire" dans le droit locatif, les choses sont moins tranchées aujourd'hui...
La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes (Montaigne, II.12)

Post Reply