Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

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Achille
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Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Achille » 30 Oct 2017 15:24

Bonjour,
Sauriez-vous où je pourrais trouver sur internet le texte grec intégral du "Songe ou le Coq" de Lucien ?

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Sisyphe
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Re: Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Sisyphe » 30 Oct 2017 17:05

:D Et hop :

http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/con ... ture/1.htm

Je ne le connaissais pas... C'est assez long en l'occurrence.
La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes (Montaigne, II.12)

Achille
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Re: Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Achille » 30 Oct 2017 18:03

Merci beaucoup. Et en cadeau, la traduction ! De plus, le site offre un lexique et un lemmatiseur. Mais ce dernier ne me semble pas performant.

Achille
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Re: Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Achille » 01 Nov 2017 18:30

Dans le paragraphe [1] de la page http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/con ... ture/1.htm , je lis :

ὡς μηδὲ νύκτωρ γοῦν τὴν πολὺ σοῦ μιαρωτέραν πενίαν διαφύγοιμι.

Quel est le sens de cette conjonction ὡς ? Je l'aurais bien vue introduire une proposition consécutive : "de sorte que je n'éviterais pas même..."

Mais dans ce cas, le verbe ne serait pas à l'optatif.
Une proposition finale pourrait faire l'affaire, mais, dans ce cas, le sens m'échapperait.

Qu'en pensez-vous ?

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Re: Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Sisyphe » 03 Nov 2017 01:01

Achille wrote:
01 Nov 2017 18:30
Dans le paragraphe [1] de la page http://mercure.fltr.ucl.ac.be/Hodoi/con ... ture/1.htm , je lis :

ὡς μηδὲ νύκτωρ γοῦν τὴν πολὺ σοῦ μιαρωτέραν πενίαν διαφύγοιμι.

Quel est le sens de cette conjonction ὡς ? Je l'aurais bien vue introduire une proposition consécutive : "de sorte que je n'éviterais pas même..."

Mais dans ce cas, le verbe ne serait pas à l'optatif.
Une proposition finale pourrait faire l'affaire, mais, dans ce cas, le sens m'échapperait.

Qu'en pensez-vous ?
:) Une des (très très très) nombreuses valeurs de ὡς inaccentué est d'introduire les propositions indépendantes exprimant un souhait, soit à l'optatif soit à une forme qui le remplace (comme l'idiomatisme ὠφέλω + indicatif "plût au ciel que je..."), c'est exactement le cas ici.

En gros, c'est l'équivalent du latin utinam.
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Re: Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Achille » 03 Nov 2017 09:58

Itinera Electronica traduit en effet ainsi. Je pensais que le traducteur traduisait davantage sa pensée que le texte originel grec.
Cette ponctuation ne serait-elle pas plus adéquate ?

...ἀναϐοήσας ἐπήγειρας. Ὡς μηδὲ νύκτωρ γοῦν τὴν πολὺ σοῦ μιαρωτέραν πενίαν διαφύγοιμι !

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Re: Le Songe ou le Coq : recherche du texte grec

Post by Sisyphe » 03 Nov 2017 14:58

:) Je ne vous apprendrai pas que la ponctuation, de toute façon, au moins telle qu'on la connaît, est une invention très postérieure à Lucien lui-même.

En latin, elle n'a jamais vraiment existé dans l'Antiquité, et c'est donc toujours un choix des éditeurs modernes. En grec, c'est plus compliqué, car les savants du musée d'Alexandrie ont commencé à ponctuer les textes littéraire au IIIe siècle, et il y a déjà des habitudes prises sur les papyri, mêmes documentaires, du deuxième siècle après J.C. Mais elle n'est jamais systématique. Lucien ayant vécu en Egypte, peut-être ponctuait-il ses textes, mais nous n'en saurons jamais rien (nous n'avons aucun autographe sûr d'aucun auteur avant le Ve siècle, l'unique cas que je connaisse est très douteux et c'est de toute façon un texte technique).

Dans le cas des textes latins, le nombre et la nature des signes de ponctuation à rajouter dans les éditions modernes divise les spécialistes et les nationalités. En général, on concède de le point d'interrogation et les guillemets, mais jamais le point d'exclamation.

En grec, c'est plus "simple" : on s'en tient aux signes de ponctuation byzantin : point, point d'interrogation (;), point en haut. Les guillemets sont d'autant plus inutiles que la langue grecque, structurellement, différencie très mal le discours direct et le discours indirect.

Je parle là de conventions scientifiques : dans un manuel scolaire, évidemment, c'est différent.

Cela étant, vous avez raison de vous méfier du traducteur : hodoi elektronikai et son correspondant latin itinera electornica sont de magnifiques pourvoyeurs de textes, mais les traductions mises en regard... datent du XIXe siècle ! Pour des raisons de droit, tout simplement. Au mieux, les usages sont très vieillis ("belle infidèle", style vieillot, conventions de traduction dépassée comme le rétablissement du vouvoiement), au pire elle ne correspondent pas exactement au texte présenté (quand il y a des "leçons" divergentes, par exemple).
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