Beaumont wrote:
Si vraiment on parlait juste d'un "gamin fort en anglais" qui ne serait pas conscient de l'existence des droits d'auteur ce ne serait effectivement pas méchant, mais j'ai lu un
autre article dans lequel ils disent que le lycéen avait créé un forum pour coordonner les traductions. Le forum a compté jusqu'à 500 membres, dont, apparemment, de nombreux traducteurs et relecteurs. Donc le système avait une certaine ampleur, et ça m'étonnerait que parmi les 500 membres personne n'ait jamais évoqué le problème de la légalité.
Ca modifie un peu les données, effectivement. Cela étant, ça n'atténue pas mon admiration pour le lycéen en question, car, avoir été capable de mettre en place tout un protocole de traduction, fût-ce via un forum comportant certes peut-être des traducteurs professionnels, ça révèle quand même un certain talent d'organisation. Moi je vais me battre avec des gamins dont certains ne seront pas fichus de tenir un classeur...
Si comme l'indique l'article le groupe informel mettait la traduction à la seule disposition de ceux qui avaient participé au projet , ça pose un intéressant problème de droit : après tout, aucune loi ne m'interdit de traduire un texte sous droit pour mon plaisir ou mon propre usage. Les seules vraies traductions que j'ai faites sont une poignée d'articles de linguistique, pour moi. Je ne mettrai jamais ces traductions sur internet, mais il m'est arrivé d'en donner une copie à un ami qui en avait besoin. Suis-je contrefacteur ? Est-ce du recel ?
C'est un bon vieux problème "sorique" : à partir de quel caillou a-t-on un tas ? Nos DVD doivent être regardé dans le cadre "du cercle de famille". Mes voisins, est-ce le cercle de famille ?
Quote:
Ceci dit, même s'ils ont joué avec le feu, j'espère aussi qu'il n'y aura pas de sanctions financières. Avec une fortune estimée plus de 800 millions d'euros, Rowling pourrait se consacrer à des choses plus utiles que d'essayer de soutirer encore quelques euros à ses jeunes fans.

Elle n'est même certainement pas au courant, ou si peu. Ce sont plutôt les avocats qui vont s'abattre comme des vautours.
Internet facilitant les piratages, je crains que Gallimard ne veuille faire un exemple (en sacrifiant un lycéen qui a juste fait une connerie, vaste certes, mais une connerie) pour contrer toute tentative future - profitant de ce que les tribunaux sont efficaces en France, pour tenter autant que faire se peut d'atténuer le problème du piratage dans les pays suffisamment développés (avec un vrai marché du livre et de la jeunesse) pour qu'Harry Potter y soit introduit, mais pas encore assez "solides" pour que les tribunaux aient les moyens matériels de s'opposer à une piraterie bien organisée (souvenez-vous de la bataille de Microsoft en Russie, qui dure toujours).