leo wrote:20 ans après on avait les Univac, le Cray-1... hein Anuanua...
Lorsque j'ai commencé dans le domaine de l'électronique, quand on voulait quelque chose de VRAIMENT rapide, on utilisait un ordinateur analogique. Ils étaient faits d'amplificateurs opérationnels programmés par des composants passifs, ou par des semiconducteurs quand on voulait faire des opérations impliquant des logarithmes. C'est moins précis qu'un ordinateur numérique mais vachement plus rapide!!! Ce qui, dans plusieurs applications où les données changent constamment (comme le contrôle de pointage d'une fusée), est plus utile que d'avoir 24 décimales ...trop tard!
Aujourd'hui encore d'ailleurs, malgré la vitesse époustouflante des megacalculateurs parallèles, un ordinateur analogique demeure le plus rapide. Pour la simple raison qu'il opère en temps réel, en fonction de la nature de ses composants et non de commandes qu'il doit exécuter une à une. Par exemple, calculer la valeur d'un sinus même avec des algorithmes raccourcis prend au moins 2000 opérations à un ordinateur numérique, alors qu'un analogique le fait en UNE opération! De fait, un analogique peut tracer une sinusoïde complète en moins de temps qu'un numérique trace un point.
Le désavantage étant qu'il n'a pas mémoire des points tracés et ne peut donc pas servir à établir des tables. Aussi, une précision supérieure à quatre décimales est difficile à atteindre. Cependant, quand on est pressés pressés pressés ou quand les calculs sont interminables, l'analogique demeure la solution.
Par exemple,
cet ordinateur analogique calcule une vingtaine d'attracteurs de Lorentz par seconde et leur succion en fonction d'un ou plusieurs paramètres changeants, une tâche qui requiert plusieurs minutes à un supercalculateur numérique. Ce qu'on ne voit pas dans cette vidéo est que non seulement l'ordinateur calcule les courbes de l'attracteur en trois dimensions, mais représente la quatrième (nécessaire pour les calculs avec les nombres complexes) par la vitesse du tracé. Si on le ralentit (en augmentant la valeur du condensateur d'intégration),
ça devient visible.
Évidemment, avec le développement de CPU multicoeurs de plus en plus rapides comme les Core i7 d'Intel ou des DSP conçus pour les jeux graphiques, et en en mettant des milliers en parallèle, on obtient des supercalculateurs numériqes atteignant le petaflop (10^15 opérations à point flottant par seconde). Ceci a eu pour effet de rogner considérablement l'avantage de vitesse des analogiques, en plus de conserver la précision des numériques. Mais des machines numériques opérant à cette vitesse consomment autant d'énergie qu'un village et occupent un plancher. Peu pratique en aérospatiale... où les analogiques sont encore utilisés! Leur manque de précision est corrigé de temps en temps (par exemple 100 fois par seconde) par un petit calculateur numérique.