1) désolé c'est un peu long, mais je l'ai pas trouvé sur internet, je devais tout copier.Le don d’argent représente le geste de solidarité le plus facile. Il se fait avec l’idée que cet argent va effectivement être utilisé sur le lieu de la catastrophe en faveur des victimes.
Mais où va l’argent ? À quoi sert-il exactement ? Qui en bénéficie vraiment ?
L’expérience de maintes ONGs engagées dans des actions dites de « développement » depuis plusieurs décennies en Afrique, Asie ou Amérique Latine est pleine d’enseignements. Combien de puits creusés avec l’aide et par des experts européens fonctionnent-ils encore aujourd’hui ? Très très peu … Les quelques-uns qui ont effectivement duré dans le temps sont généralement passés dans les mains d’autres populations, moins démunies que celles visées au départ. Même chose pour bien des équipements (véhicules, pompes, machines…) « offerts » par les occidentaux. Les communautés et personnes bénéficiaires de nos aides n’ont généralement pas la capacité de défendre leurs acquis. C’est précisément pour cela, le plus souvent, qu’elles restent pauvres.
Les mécanismes sont maintenant bien connus. Ce sont exactement ceux qui maintiennent les écarts de pouvoir et de richesse de façon traditionnelle au sein des sociétés où vivent ceux que nous aidons. Je suis puissant et riche parce que je pratique des mécanismes d’« aspiration » des ressources locales à mon profit (endettement voire usure, exploitation économique, actions judiciaires, intimidation, violence, corruption). Un jour ou l’autre, ce qu’a acquis par la générosité internationale telle ou telle personne, telle ou telle communauté démunie passe dans les mains de ceux qui ont pouvoir et richesses …
Même l’aide sous la forme de formation technique a généralement atteint ses limites dans la mesure où elle a, au mieux, permis à ses bénéficiaires de s’extraire, seuls, des communautés démunies dont ils étaient issus, laissant les autres à leur sort.
La pauvreté reste et gagne du terrain, les mécanismes traditionnels de fabrication de la misère étant aujourd’hui amplifiés par ceux de la mondialisation néolibérale.
Par ailleurs, l’histoire de la solidarité est largement, également, celle d’un détournement des fonds à d’autres fins que celles qui avaient présidé à leur collecte. Faire confiance, sur la base d’un beau discours, à des personnes ou organismes mal connus, ne pas demander, en amont du don, des projets détaillés d’utilisation des fonds sollicités, avec budgets prévisionnels, ne pas exiger que l’utilisateur des fonds rende des comptes, c’est indiscutablement créer une situation idéale et tellement tentante pour un détournement de fonds.
À quoi bon donner, dans ce cas ? Faut-il proscrire toute aide aux plus démunis ?
Certes, non. Car, d’une part, jamais les populations victimes de ces mécanismes ne sont complètement sans ressources pour modifier à leur profit les situations de pauvreté. C’est une question de pouvoir. D’autre part, moyennant certaines précautions et un réel intérêt prolongé du donateur pour les destinataires de son aide, celle-ci a de fortes chances d’atteindre son objectif
Mais tout d’abord, il nous faut changer de grille de lecture. Il s’agit de regarder les populations démunies, non pas uniquement comme des pauvres, auxquels manqueraient de l’argent, mais avant tout comme des faibles, auxquels manquent du pouvoir. Sortir de l’opposition richesse / pauvreté et penser plutôt en termes faiblesse / pouvoir.
Cela a des conséquences immenses sur le travail que l’on peut faire vis-à-vis d’eux. Ce n’est que si notre action a permis à une communauté d’acquérir du pouvoir qu’elle peut se prévaloir d’une certaine efficacité car seule une telle communauté a une certaine capacité à défendre ses acquis.
Que peut-on faire pour augmenter le pouvoir d’une personne, d’une communauté ? Qu’est-ce que le pouvoir ?
Il y a, bien entendu, une dimension individuelle avec la dignité, la confiance en soi, l’éducation, les connaissances, l’expérience au contact des autres et du monde, la santé… mais il y a surtout une dimension collective car, seul face à ces mécanismes d’oppression bien huilés, l’individu ne peut rien si ce n’est, avec beaucoup de chance, de s’en sortir seul, ce qui ne règle pas ce fichu problème qui nous mobilise encore et encore.*
La dimension collective a trait à une organisation de la communauté, à une autodétermination de ses objectifs et à sa capacité à trouver collectivement des réponses aux questions qui se posent à elle. Elle touche à sa capacité de mobilisation collective pour se défendre et donc non seulement à la motivation de ses membres mais également à sa capacité de tisser des alliances avec des communautés du même type et d’autres partenaires.
Augmenter la force collective d’une communauté est un travail de type syndical. Il passe par de l’animation, de la formation, de la pratique de lutte pour défendre ses droits, ses biens.
Une communauté organisée ne peut réellement défendre ses droits, acquérir des moyens de subsistance manquants et accéder aux ressources naturelles locales (terre, eau, forêt, …) accaparées par certaines sections de la société qu’en étant reliée à d’autres à l’échelle d’un département, d’une région voire d’une plus grande zone (état, nation, monde).
Au niveau local, le rapport de force entre communautés démunies et sections favorisées est pratiquement toujours défavorable pour remettre en cause des injustices structurelles fondant les disparités sociales. C’est ce lien entre communautés démunies parfois accompagné d’un soutien d’autres groupes ou personnes motivés de la société civile sur place ou même à l’étranger qui permet d’envisager des actions de masse (manifestations, marches de grande ampleur), seules susceptibles d’infléchir des politiques au bénéfice des plus démunis (réforme agraire, droits des minorités, sanction des abus et injustices de grande ampleur, respect des lois protégeant les hommes et l’environnement …).
Dans ces conditions, comment peut s’opérer une solidarité ? Eh bien, en soutenant les initiatives des populations elles-mêmes , soit directement, soit avec le soutien d’une ONG relais présente sur le terrain auprès de ces populations durablement et qui est en contact direct avec l'ONG occidental.
C’est un positionnement qui s’écarte volontairement, même si c’est moins « rapide » et « productif » à court terme, d’une action directive « prenant en charge » les démunis en définissant leurs besoins quasi unilatéralement et empêchant trop souvent l’émergence d’une auto-détermination pourtant toujours possible. Aider c’est trop souvent museler, couper les ailes …
* C’est précisément la nécessité de promouvoir une approche collective qui disqualifie d’une certaine façon, les opérations de parrainage et de jumelage. À l’échelle d’une communauté, sortir tel individu de sa condition en laissant les autres, envieux, dans la leur relève d’une injustice difficilement justifiable. De la même façon, apporter des ressources externes conséquentes pour le développement de tel ou tel village quand dans le même temps des dizaines d’autres à proximité n’en bénéficient pas est très défavorable à toute communauté de situation et d’action entre ces villages.
2) ça me paraît aller avec l'actualité, après l'urgence il faut aussi penser à la reconstruction...
3) et vous en pensez quoi?
au fait un [url=http://www_old.coordinationsud.org/coordsud/index.html]site[/url] pour un savoir plus
et merci de ne pas les oublier...