Je suis personnellement très heureux de l'existence de ce CAPES, c'est une des pas trop mauvaises choses qu'à faite Lang à son passage à Grenelle.

Seulement, n'allez pas croire que tout est simple...
D'abord, comme le dit trop brièvement l'article, c'est un CAPES bivalent, (français-créole, histoire-créole) ce qui est très ambigu. Ce n'est pas absurde en soi : les CAPES d'histoire-géo, d'éco-droit ou même de lettres classiques (français + latin/grec) le sont aussi, d'une certaine manière. Sauf que cette bivalence-là fait de facto concurrence avec des CAPES qui eux ne le sont pas ; et je ne suis pas sûr, comme le dit l'intervenant, que cela assure un meilleur niveau. Ou plus exactement : oui, le concours est certainement difficile, mais le niveau global du reçu dans chacune des deux matières sera moindre que pour celui qui n'aura préparé qu'une seule matière, c'est presque mécanique...
... Certains accusent carrément ce CAPES d'être un CAPLP déguisé (concours de recrutement des profs de lycée professionnels, qui pour les matières académiques est toujours bivalent : français-espagnol ou math-physique). Comme si l'enseignement aux Antilles pouvait se permettre, au fond, d'être un enseignement de seconde zone.
En deuxième lieu, la création de CAPES a donné lieu a des polémiques
virulentes - les gens s'insultaient à la radio, même sur France Culture - au sein même des l'élite créolisante guadeloupéenne d'un côté et martiniquaise de l'autre, chacune accusant l'autre de vouloir privilégier la variante de l'autre (recouvrant d'ailleurs d'autres conflits, auquel l'interviewé fait d'ailleurs discrètement référence)... Polémique qui a failli entraver le déroulement même du concours.
Je crois qu'une solution mi-chèvre mi-chou a été acceptée, consistant en gros à dire que chaque candidat faisait ce qu'il voulait pourvu qu'il respecte l'une des deux normes (ce qui revient à super-normer une langue qui par nature est infra-normée).
Bref, encore une fois, il est bon que cet enseignement existe, et surtout qu'il existe dans les universités. Je rêve même de la création d'une agrégation de créole. Mais la question des langues régionnales n'est pas
pas une question simple...