Forum dédié aux débats et informations sur l'actualité de tous les jours, politique, sociale, internet... tout ce qui ne concerne pas directement le forum dans ses nouveautés.
"C'était «pour leur rendre service» que la directrice de Sud Location n'envoyait pas ses clients arabes ou africains visiter certains appartements. «Pour leur éviter de perdre un après-midi à aller voir un propriétaire qui nous avait précisé ne pas vouloir d'eux», nous indique-t-elle. Réjane Massarès avait mis au point un petit truc pour ne pas s'y perdre. La mention «PE», comme «Pas d'Etrangers», était portée sur 250 de ces offres restreintes de location."
A mon avis, ces 250 propriétaires n'avaient pas à se faire figurer dans cette liste pour se faire afficher, et puis la directrice de l'agence de location aurait bien pu les envoyer ballader.
Location d'appartements par ethnie : voilà un nouveau concept marketing qui n'est pas prêt de refaire apparition après cette affaire.
Oh ça on pourrait en dire... L'autre jour, à Paris, j'ai vu placardé une annonce "cherche baby sitter motivée etc. envoyer CV et photo à etc."
Faut-il le rappeler ? L'exigence de la photo est interdite, de même que la mention d'un âge souhaité. Et puis qu'est-ce que ça peut faire la gueule de la baby sitter ?
On pourrait aussi parler des annonces locatives placardées dans les facs "propose logement 29 m², loyer 180 €, de préférence jeune fille présentée par ses parents. D'abord ça veut dire automatiquement "blanche" (et de toute façon ça exclue de facto presque tous les enfants d'immigrés, de quelque couleur que ce soit, dont les parents sont trop approximativement francophones) ; et accessoirement - mais là c'est plus véniel - ça part du préjugé monstrueux que les garçons sont forcément des crados mal dégrossis qui ne vont jamais faire le ménage mais la fête six soirs par semaine (alors que je pourrais en dire dans l'autre sens !).
On pourrait même aller plus loin, en parlant de tous les propriétaires qui exigent six mois de caution (ce qui est illégal), et les fiches de salaire des parents (ce qui est tout autant illégal).
Car ce qui est décevant tout de même, dans cette affaire, c'est que les propriétaires, eux, ne sont même pas inquiétés.
En six ans de logement étudiant - et encore, car moi j'ai de la chance et de l'argent - et vivant au sein d'un monde étudiant, j'en ai vu et entendu des vertes et des pas mûres. Le racisme caractérisé (on ne loue pas aux noirs) n'est que la forme ultime, mais il y a bien des palliers avant relevant de la même logique.
Si j'étais un peu fatigué, déprimé et au bord de la démagogie, je dirais que les propriétaires sont des parasites économiques. Je n'irai pas jusque-là, d'autant que ma grand-mère riche (j'ai aussi une grand-mère pauvre !) est elle-même propriétaire, et je l'aime bien. Mais il est clair que leur impunité est grande, très grande ; d'autant qu''ils constituent un électorat assez marqué et assez précis.
L'immobilier sous tous ses aspects est un des problèmes politiques majeurs de notre époque. Racialement, socialement, économiquement, il est un des vecteurs essentiels de l'exclusion. Mais peu semblent s'en préoccuper, même à gauche.