Acte I : télés et cinémas interdits: 1 point
Acte II: ???
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Réactions des démocrates : 0
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Talibanisation de la Somalie
- Sisyphe
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C'est une scorie de la guerre froide, c'est entendu : alliée des soviétiques, puis des Américains au gré des renversements d'alliance, avec ce que ça suppose d'armes vendues en douce et de chefs de guerres perdus. Mais ce n'est pas l'Afghanistan, elle n'a pas été envahie. L'Angola aussi est une scorie de la guerre froide. Mais il y a encore sur la côte, au moins, un semblant d'Etat, de police (dictatoriale), de justice (inique), d'équipe de foot et de drapeau.
Les conditions physiques y sont mauvaises. Soit, comme toute l'Afrique. Elle n'est pas plus désertique que le Niger.
Longtemps on l'a présenté comme "le seul état homogène d'Afrique". Le seul a n'avoir "qu'un" peuple. Notre vision était-elle trop schématique ? On s'est fichu le doigt dans l'oeil.
Nous réagissons à l'invasion de la "capitale" ; à vrai dire ce ne sont, hélas, que quelques km² de plus sous le contrôle de cette milice-là. On finira par la trouver préférable à d'autres pires encore.
La moitié de l'Afrique connaît la guerre civile. Une bonne partie d'entre elle connaît une faillite plus ou moins partielle de son Etat (où l'on redécouvre que rien n'est plus important qu'un Etat !). La moitié d'entre elle est menacée par la folie islamiste (

*
Quant à ce que les démocraties peuvent faire... Les Américains s'y sont déjà cassé les dents, et nous avec.

L'Afrique est mal partie, et elle continue.
La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes (Montaigne, II.12)
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Re: Talibanisation de la Somalie
Réaction zéro tout simplement parce que les islamistes ont gagné une victoire militaire contre les milices armées par les démocraties occidentales. Officiellement, seuls les Etats-Unis soutiennent activement les factions vaincues. Mais il y a de forts soupçons sur le Japon, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Du coup, les islamistes ont battu militairement les démocraties occidentales. Pas étonnant qu'elles restent bouche bée.Vikr wrote: Réactions des démocrates : 0
- Sisyphe
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Le monde serait simple s'il y avait d'un côté des démocratie prête à aider les peuples à devenir eux-mêmes démocrates, puisqu'ils n'attendent que ça, et de l'autre les méchants dicateurs/islamistes/etc.
Malheureusement, en Somalie, il semble n'y avoir rien d'autre que des chefs de guerre plus ou moins puissants, plus ou moins soutenus par des intérêts étrangers et plus ou moins cruels. Plutôt plus que moins. L'une d'elle s'est fort opportunément déclarée islamiste, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. Cela étant, les islamistes n'ont pas le monopole de la folie en Afrique ni ailleurs. La Sierra Leone est dans un état encore plus catastrophique et l'Islam ni même l'islamisme n'y sont pas pour grand-chose.
Il arrive un moment où les peuples sont lassées des guerres civiles et son prêts à accepter n'importe quoi. A Rome en -28, en Espagne en 40, en Afghanistan il y a dix ans, en Somalie aujourd'hui.
Qu'en penser ? J'en sais rien. Qui de nous connaît sérieusement la corne de l'Afrique ?
Un jour - bien avant qu'on en reparle de la Somalie, entre temps oubliée - j'avais entendu une longue émission de France Culture sur la Somalie, dans le cadre d'une suite d'émissions sur les "Etats dissouts" (Yougoslavie, etc.). Un grand spécialiste (modèle universitaire, 30 ans de boulots etc.) de la corne de l'Afrique y parlait, et lui-même y faisait son mea culpa : son analyse de la notion de "clans" en Somalie s'était révélée fausse. Tout ce qu'il avait pu penser et dire dans les médias pendant l'intervention américaines s'était révélé faux. Saluons l'honnêteté intellectuelle.
Au fond, le problème est toujours le même avec l'Afrique : nous ne cessons d'y projeter nos conceptions, nous ne cessons de vouloir trouver "la" clef identitaire de l'Afrique. Le Biafra et le Katanga avaient soudain fait comprendre que les frontières post-coloniale de l'Afrique sont totalement illusoire. Aujourd'hui, nous ne cessons de chercher l'ethnie, la religion, la langue, la culture (combien de cartes de l'Afrique ?), bref "le" truc. Et paradoxalement, tous les spécialistes disent que les Africains sont nostalgiques des "Etats-Domaines" de l'immédiat indépendance, qui au moins étaient calmes.
Je comprends que je ne comprends pas, moi non plus.
Malheureusement, en Somalie, il semble n'y avoir rien d'autre que des chefs de guerre plus ou moins puissants, plus ou moins soutenus par des intérêts étrangers et plus ou moins cruels. Plutôt plus que moins. L'une d'elle s'est fort opportunément déclarée islamiste, ce qui n'est pas une bonne nouvelle. Cela étant, les islamistes n'ont pas le monopole de la folie en Afrique ni ailleurs. La Sierra Leone est dans un état encore plus catastrophique et l'Islam ni même l'islamisme n'y sont pas pour grand-chose.
Il arrive un moment où les peuples sont lassées des guerres civiles et son prêts à accepter n'importe quoi. A Rome en -28, en Espagne en 40, en Afghanistan il y a dix ans, en Somalie aujourd'hui.
Qu'en penser ? J'en sais rien. Qui de nous connaît sérieusement la corne de l'Afrique ?
Un jour - bien avant qu'on en reparle de la Somalie, entre temps oubliée - j'avais entendu une longue émission de France Culture sur la Somalie, dans le cadre d'une suite d'émissions sur les "Etats dissouts" (Yougoslavie, etc.). Un grand spécialiste (modèle universitaire, 30 ans de boulots etc.) de la corne de l'Afrique y parlait, et lui-même y faisait son mea culpa : son analyse de la notion de "clans" en Somalie s'était révélée fausse. Tout ce qu'il avait pu penser et dire dans les médias pendant l'intervention américaines s'était révélé faux. Saluons l'honnêteté intellectuelle.
Au fond, le problème est toujours le même avec l'Afrique : nous ne cessons d'y projeter nos conceptions, nous ne cessons de vouloir trouver "la" clef identitaire de l'Afrique. Le Biafra et le Katanga avaient soudain fait comprendre que les frontières post-coloniale de l'Afrique sont totalement illusoire. Aujourd'hui, nous ne cessons de chercher l'ethnie, la religion, la langue, la culture (combien de cartes de l'Afrique ?), bref "le" truc. Et paradoxalement, tous les spécialistes disent que les Africains sont nostalgiques des "Etats-Domaines" de l'immédiat indépendance, qui au moins étaient calmes.
Je comprends que je ne comprends pas, moi non plus.
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La vraie différence, c'est leur corruptibilité. Ce qui intéresse les occidentaux, c'est la possibilité de se servir du pouvoir local pour leurs intérêts géostratégiques dans la région à moyen terme. Les Américains campent sur l'île de San Diego, et ils s'y trouvent très à l'étroit. C'est suffisant pour une base secrète, mais pas assez pour faire une sorte de "Djibouti américain" qui prend le flanc sud de la péninsule arabique. C'est aussi la route qui contrôle le trafic dans l'océan indien, les voies de navigation les plus importantes pour l'approvisionnement énergétique de l'occident et de l'extrème orient. Les occidentaux font tout pour rendre impossible le blocage de ces voix par l'opec et ses amis de la région. C'est humain, mais ça fait gicler beaucoup de sang.Sisyphe wrote:Malheureusement, en Somalie, il semble n'y avoir rien d'autre que des chefs de guerre plus ou moins puissants, plus ou moins soutenus par des intérêts étrangers et plus ou moins cruels.