Si bien sûr ce monsieur a été en Russie de son vivant ou s'y est fait connaître ?
Bin, il a enseigné à Kazan, à Moscou, à Saint-Petersbourg et à Tartu, et la linguistique russe même à l'époque soviétique n'a pas cessé de parler de lui et de se réclamer de lui et de dire qu'il avait tout dit avant les capitalistes et que, m'dame, Saussure il a fait qu'à copier sur lui (la première partie est vraie, la seconde est fausse)... Et de toute façon, il est né dans la "non-Pologne" de 1845 où les établissements d'enseignement supérieur n'avaient même pas le droit de s'appeler "université", donc sans perspective universitaire autrement qu'en langue russe (sauf à Cracovie qui dépendait de l'Autriche-Hongrie, mais pourquoi c'est toujours si compliqué la Pologne...

). Les deux-tiers de son oeuvre sont en russe et donc inaccessibles (ce qui me pose problème, d'ailleurs, car il est souvent cité de huitième main).
Il n'a vraiment commencé une carrière en polonais qu'après la première guerre, et la refondation du système universitaire polonais. Il a d'ailleurs failli être élu président de la nouvelle Pologne.
À part ça, il appartient à la famille des Courtenay qui descend en droite ligne de Louis VI le Gros et qui a aussi fourni des empereurs à Byzance, d'une branche collatérale qui a émigré en Pologne au 17e pour se mettre au service de chépluquel roi provisoire.
Ah oui, il a écrit des articles universitaires en espéranto, aussi !
Une vie bien remplie quoi.
Donc oui, ce n'est peut-être pas une traduction... M'enfin, comme Alexandre donne Szandor en hongrois, je m'attends à tout.
La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes (Montaigne, II.12)