Je crois avoir lu qu'il s'agit moins d'éliminer le racisme conscient (car effectivement, il y a toujours le stade des entretiens d'embauche, et donc, ça ne changera rien si le patron est réellement raciste) que d'éliminer un racisme plus ou moins inconscient au moment du "premier tri". Surtout si - et le cas est fréquent dans les entreprises - le "premier tri" des 300 courriers est délégué à quelque subordonné, qui n'a pas vraiment de compétences en management ni de critères objectifs.
Il y a le racisme "racial" ("d'accord mais pas d'arabes" -

combien de fois j'ai vu un collègue de l'enseignement professionnel hurler de douleurs après avoir entendu cela, souffrant d'autant plus que sa position "officielle" lui interdit de répondre, devoir de réserve...). Mais il y a aussi le racisme "géographique" (pas de gens qui viennent de banlieue, ils ne sont pas adapté à notre clientèle)... Il y a surtout le racisme par lâcheté : le susnommé subordonnée chargé du "premier tri", qui s'est fait engueuler la dernière fois qu'il a laissé un gros lourdaud, objectivement inadapté pour le poste voire désagréable lors d'un entretien d'embauche (et ça existe...), "Non mais mon petit Durand, qu'est-ce qui vous a pris de m'envoyer M. X en entretien ? Vous croyez que moi-même et l'entreprise avons du temps à perdre ?". Donc, M. Durand, la fois suivante, se dit "je vire tous les arabes, ça évitera de me faire engueuler".
Mes collègues de management sont sceptiques : si c'est pour faire passer une loi qui rend obligatoire le CV anonyme, mais que les entreprises continuent d'exiger des CV "onymes"

- tout ce qu'on aura gagné, c'est d'avoir créé une loi dont tout le mondre passera outre, ce qui est la pire situation possible. Vu que de toute façon, les inspecteurs du travail sont déjà débordés. Dans le genre très sarkozyien, y'a aussi la loi dont les décrets d'application ne viendront jamais...
Je sais que certains DRH de grandes entreprises, sans doute sincères dans leur idée, l'ont eux-même défendu. Mais je doute que ça soit matériellement acceptable.
Bon, je pourrais dire certaines choses touchant aux diplômes, mais ce serait contraire à mes obligations statutaires.
La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes (Montaigne, II.12)