Retour sur ce débat après quelques jours d'absence.
à propos de l'aspect électoraliste du débat (Latinus, Iubito, etc.)
C'est moi qui ai ouvert les hostilité sur ce front et je le revendique

. Pour autant, moi, j'ai mis "oui".
Ce que que je regrette, c'est qu'il n'y ait pas eu un quatrième choix "oui au mariage homo, mais pas à la manière idiote et intéressée de M. Mamère".
à propos de la "différence" entre couple homo et hétéro

Désolé mais je ne la vois toujours pas. Ne commettez pas l'erreur de juger des homosexuels depuis le Marais, Mykonos ou la revue Têtu.
Quelqu'un parle de "minorité" et l'assimile aux minorités culturelles et linguistiques. Si les homos sont une minorité, c'est juste de manière arithmétique (y'a plus d'hétéros que d'homos, quoiqu'il y en ait plus qu'on ne le croit).
Comme je l'ai dit plus haut, les homos "n'existent pas". Ils ne sont rien par essence, il n'y a pas de véritable culture gay (quoi qu'ils en disent). Tout simplement parce qu'il n'y a pas de transmission, pas d'héritage : on est pas homo de père en fils, et il n'y a aucune mémoire de l'homosexualité.

. La sub-culture qui s'est développée ces dernières années n'est qu'un artefact.
Un breton peut réclamer de parler breton et d'étudier dans cette langue. Il peut établir sur sa différence culturelle une revendication différencialiste. De même pour un catholique, un juif ou un sikh... Et on peut estimer dans ce cas (avec plus ou moins de nuance) que c'est légitime ou que cela remet en cause l'intérêt général (cf. notre débat sur laïcité).
Mais
il n'y a pas de revendication différencialiste homo (Dalida en option au bac ?

). Au contraire, il y a - et spécialement dans la question du mariage - une revendication universaliste : réintégrer le corps social dont ils ont été écarté un peu par la loi ("un peu" en France, plus tolérante dans ce domaine, "beaucoup" ailleurs) et beaucoup par la moralité publique. Le législateur ne peut pas grand-chose contre le deuxième, mais il peut tout, par définition, pour le premier.
Beaumont avait déjà introduit la question de la "différence", mais encore une fois : ne confondons pas les "différences". On est pas homo comme on est breton (d'ailleurs on peut être les deux

).
a propos de l'adoption

J'avoue que je l'attendais un peu celle-là
Là encore, erreur de forme : c'est supposer qu'il y a un lien immarcescible entre mariage et parentalité. Est-ce encore vrai ?
- 40 % des enfants naissent hors mariage
- Un enfant sur trois a des parents divorcés
- Contrairement à ce que disait quelqu'un, la loi n'interdit pas à un célibataire d'adopter. La vie de couple est un élément d'appréciation, mais il n'est pas décisif.
- La loi donne les mêmes droits aux enfants nés dans et hors le mariage (avec quelques retards législatifs dont on a parlé, mais on y vient)
- Les enfants ont désormais dès l'âge de 13 ans le droit de signifier s'ils veulent ou non vivre avec le conjoint de leur parent décédé. Le tutorat "automatique" n'existe plus.
- Enfin, même si l'article existe peut-être encore dans le code civile (j'en sais rien

), je ne crois pas qu'il y ait
une seule cour de justice qui prononcerait un divorce pour cause de stérilité. C'était un argument autrefois, aujourd'hui un tribunal ferait jouer la désuétude.
Les liens entre mariage et parentalités sont de plus en plus ténus. Alors disons carrément : le mariage n'ouvre pas de droit préférentiel à l'adoption. Ce qui doit compter, c'est la solidité morale et affective des candidats à l'adoption.
Je reviens une seconde fois sur ce qu'à dit Moonila : le fonctionnement actuel est d'une hypocrisie totale puisque des célibataires peuvent adopter, à condition de ne pas être homos - d'ailleurs je crois que ça n'est même pas écrit. Tu parles d'insémination en Belgique mais il n'y pas besoin d'aller jusque là. Les couples homosexuels désireux d'avoir des enfants "n'ont qu'à" mentir à l'administration - qui parfois comprend la situation et ferme les yeux, estimant que ces parents potentiels-là sont franchement meilleurs qu'un autre couple pourtant hétéro. Les enfants d'homo existent déjà.
*
Quant au fond, tout a été dit.
Bien sûr, les cours de récré sont terribles (surtout quand on y entend innocemment répétées les mêmes c....eries que celles des adultes).
Inversement je crois que bien des homos feraient de meilleurs pères/mères que bien des pères et mères naturels que je croise parfois... La seule nécessité d'être
encore plus irréprochable que tout parent conduit sans doute à être beaucoup plus rigoureux dans son approche de la paternité...
... Et puis je vous ferai remarquer une chose : chez des homos, un enfant, ça n'est jamais un "accident". C'est toujours plus que désiré.
Ce qui me gêne le plus dans l'adoption d'enfants par des homosexuels, c'est que sans qu'on le veuille, elle introduit dans la vie des enfants un élément dont ils ne peuvent maîtriser ni la réalité ni les conséquences : la sexualité des adultes, tout bêtement. Les parents sont par définitions des être "désexués".
Sur le fond, je suis mal à l'aise, je n'ai pas d'opinion très arrêtée

.
Mais je maintiens les questions de formes : le mariage homo ne suppose pas l'adoption.
Permettez-moi une confidence pour terminer : elle vous aidera à comprendre mon point de vue. Mon père avait deux mères...
...

Non que "mes grands-mères" fussent lesbiennes ! Elles sont soeurs. Seulement ma grand-mère biologique était une "fille-mère", et elles ont élevé ce "bâtard" ensemble. Jusqu'à ce que la tante adopte de force son neveu, avec le consentement de la "bonne société" qui estimait qu'il valait mieux être le fils "forcé" d'un brave couple que le fils naturel d'une domestique pêcheresse.
Quant à moi je suis orphelin de père depuis toujours. Bref, les familles bizaroïdes à nombre impair de parents, je connais. Et comme le disait Ann, les enfants s'accomodent de tout, tant qu'on les aime. C'est la co..erie des adultes (et là j'ai envie de l'écrire en toute lettre

) qui fausse le jeu.
Vous comprendrez donc aussi que l'ordre moral, je m'assois dessus (et encore, là, je suis très très poli).