
Pour ce qui est de la culpabilité du chasseur en question, je m'accorde avec Kokoyaya : il n'aurait pas dû être là, je viens d'entendre à la radio le patron des fédérations de chasseurs du coin être très net sur ce point ; donc soit il n'est pas au courant des réglementations, soit il a choisi délibérément de les ignorer. Dans les deux cas, sans être forcément un "viandard" (je n'en sais pas encore assez sur cette affaire pour pouvoir en juger), c'est en tout cas un mauvais chasseur, et tous les reproches qu'on pourra lui faire sont justifiés.
Cela étant je me permets quand même de répondre à Latinus que, personnellement, je ne suis pas assez familier des ours pour savoir s'il "suffit" de tirer en l'air pour qu'un ours détale comme un lapin, et que même si c'était scientifiquement le cas, je doute qu'un homme voyant arriver à lui une ourse légèrement énorme et gentiment menaçante ait le temps et la possibilité de se demander s'il va tirer ou non. J'avoue que devant une demi-tonne armée de griffes, je serais personnellement
très, très irrationnel...
... Si je te dis, Lat' : est-ce que t'es "cap" de descendre dans la fosse aux ours du zoo le plus proche armé seulement d'un pistolet à blanc dont la détonation est "suffisante" pour faire détaler un plantigrade... Tu me réponds quoi ?
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Cette histoire me questionne à un autre niveau. Il est clair que la mise à mort (même légitime) de cette ourse n'aurait pas tant d'importance écologique et médiatique (surtout), si elle n'arrivait après des années et des années de débat passionné dans les Pyrénées. Il y a quelques temps, j'avais eu l'intention (pas réalisée) d'engager un débat ici même sur le loup dans les Alpes, dont le cas est assez semblable. Je n'arrive pas à me faire une religion sur le sujet, à dire "il faut réintroduire l'ours/le loup" ou "il ne faut pas". Et surtout, je suis frappé par le fossé incompréhensible et irrémdiable entre les "pour" et les "contre", entre les écolos urbains (ce que je suis
a priori) dont les principes sont nobles et un monde rural et montagnard (dont je viens quand même un peu) dont l'état de crise est trop profond et trop virulent pour être seulement "corporatif".