
Personellement, j'ai préféré parler d'esbroufe que d'arnaque, nuance. Il n'y a pas de malhonnêteté de la part de la banque par rapport à ses procédures habituelles (lesquels sont à mes yeux détestables, et sont des calayseurs de misère, mais c'est un tout autre débat, ça n'a rien à voir avec l'informatique, on va pas dévier).
Le mensonge est d'avoir laissé entendre que cet ordinateur coûterait un euro par jour (et sous-entendu sur une durée fixe) pour tout le monde, sans distinction. Ce qui eût été possible, par exemple, si l'Etat avait créé une sorte de régie de vente des portables aux étudiants (certains facs en prêtaient déjà (avec aquisition à long terme) à leurs étudiants de IIIe cycle, combiné à des prêts à taux zéro. Mais ce qui n'aurait pas plu aux banques.
Donc redisons-le clairement : il n'y a pas d'ordi à un euro, il y a des prêts bancaires un point c'est tout, et selon que vous serez puissant ou misérable etc.
Le prix des portable à qualité constante baisse, oui. Mais quelle est la part de baisse naturelle dans cette évolution ? Le portable se démocratise, comme l'ordinateur "normal" avant lui. En fait, l'équipement en informatique des étudiants a continué : ceux qui n'avaient rien ont accédé au gros bidule et ceux qui avaient un gros bidule (comme moi) ont accédé au portable. S'ils sont intelligents, les vendeurs de portable auront anticipés cet effet, et ont commencé à sortir de nouvelles gammes de prix (

s'ils sortent ces gammes de prix, c'est bien qu'ils peuvent le faire, financièrement parlant : ils ne vendent pas à perte, puisque l'Etat ne leur versent rien. Ils ont simplement rogné sur leur marge en escomptant une plus grosse vente : à plus je vends moins cher, à plus je vends beaucoup ; sauf qu'au lieu de faire leur pub eux-mêmes, l'Etat s'en est chargé).
Je veux bien croire que la mesure gouvernementale a accéléré les choses, a peut-être donnée une occasion, parce qu'elle a donné un coup de pub au portable (elle a "légimité le désir", diraient les marketeurs : les gens ont fait l'équation étudiant = portable...) mais rien de plus. En aucune manière elle ne met à égalité les étudiants.
Donc, la chose sera peut-être profitable à Didine, étudiante "intéressante" pour un banquier ; je ne dis pas a priori qu'elle doit ou ne doit pas s'intéresser à la formule. Il faut qu'elle l'étudie. Mais avec un peu de chance, il n'y aura aucune différence avec ce que sa banque d'un côté et le fournisseur de l'autre lui auraient naturellement proposés.
La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes (Montaigne, II.12)