Visiblement, l'adaptation est mal passée. D'après les journalistes présents, Howard, le réalisateur, a trop voulu être fidèle au roman.
Du coup, on a un film d'action entrecoupé toutes les 3 minutes d'explications. Le mélange des genres n'a pas plu.
Désolé le mettre le texte intégral, mais il n'est disponible que le jour même sur MSN Actualités. Pas bien pratique quand même.MSN Actualités wrote:Le "Da Vinci Code" a reçu un accueil glacial mardi soir sur la Croisette lors de sa présentation devant un parterre de près de 2.000 journalistes, qui n'ont pas hésité à siffler le film de Ron Howard et, insulte suprême, rire lors de scènes censées être poignantes.
"C'est une grande déception! Les dialogues sont ampoulés. Le jeu des acteurs n'était pas si mauvais, mais le film n'est pas à la hauteur du livre", a estimé Lina Hamchaoui, de la radio britannique IRN, en sortant de la Salle Debussy du Palais des Festivals, pleine à craquer pour la circonstance.
Durant 2h32, une musique omniprésente martèle un scénario qui reprend fidèlement l'intrique du best-seller de Dan Brown, vendu à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde.
La clé du film survient lorsque Tom Hanks, transformé pour l'occasion en professeur de sémiologie, révèle à Audrey Tautou qu'elle est sans doute la dernière descendante du Christ, qui aurait conçu une descendance avec Marie-Madeleine perpétuée jusqu'à ce jour, un secret que l'Eglise tient absolument à cacher.
Cette "phrase censée être la clé du film a été accueillie par des rires, ou plutôt des ricanements, cela résume tout", a commenté Gerson Da Cunha, critique du Times of India. Ron Howard, pourtant vainqueur de l'Oscar du meilleur film pour "Un homme d'exception", ne fait souvent pas dans la dentelle, en dépeignant les caractéristiques nationales présumées -- Français paresseux, Anglais obsédés par le thé -- ou en plantant des ambiances sombres et gothiques dans les nombreux lieux historiques où se déroule l'action.
"Tom Hanks était un zombie, heureusement qu'il y avait Ian Mc Kellen. C'est trop grandiloquent", a commenté d'un air accablé Peter Brunette, du quotidien américain Boston Globe, faisant notamment référence à la scène finale montrant un Tom Hanks larmoyant agenouillé sur la pyramide inversée du Louvre.
Et c'est vrai que le Britannique Ian McKellen est excellent dans le rôle de l'historien britannique Teabing, maniant avec brio cet humour caustique dans lequel il excelle, tout comme le Français Jean Reno, impeccable dans le rôle du commissaire Fache, tandis que Audrey Tautou semble flotter à travers tout le film sans jamais vraiment y entrer.
Au total, les commenaires recueillis vont tous dans le même sens : "Le public était perplexe, il n'y a pas eu d'applaudissement, juste le silence", a commenté Margherita Ferrandino de la télévision italienne Rai 3. "Je me suis ennuyée, c'est terrible!", s'est-elle exclamée. Si une majorité de journalistes semblait déçue par le film, ce premier revers ne devrait pas déplaire à l'Eglise catholique, dont un haut dignitaire avait dénoncé à l'avance ce film comme "perversement antichrétien".
Même si l'Opus Dei est qualifié par l'un des personnages de "secte catholique conservatrice" qui n'hésite pas à recourir à un moine albinos meurtrier et adepte de l'autoflagellation pour exécuter ses basses besognes, le film évite d'attaquer de front le Vatican, évoquant seulement le comportement fautif de certains de ses dignitaires.
Après cette quasi-lapidation par les journalistes, l'équipe du film, arrivée en fanfare à Cannes mardi soir par train spécial, devra se plier mercredi aux rituels de la conférence de presse et de la montée des marches. Heureusement pour elle, l'accueil des films en soirée de gala est en général plus consensuel que lors des projections de presse.