Au printemps dernier, un article du Monde Diplomatique attirait l'attention sur 'le fragile statut' des tziganes français.
Aujourd'hui, c'est Courrier international qui consacre un article aux Tziganes de Slovaquie :
« Qui l'eût cru ? A deux mois de son adhésion à l'Union européenne (UE), l'Europe centrale s'est fait remarquer par une révolte... de la faim. Début février, au nom de la "modernisation de l'Etat", le gouvernement slovaque a annoncé une baisse radicale des aides sociales, dont l'allocation chômage. Les Roms de la ville de Levoca ont été les premiers à réagir. Le 18 février, quatre-vingts d'entre eux ont envahi le supermarché du coin pour en sortir, sous les manteaux, tout ce qui était possible. Deux jours plus tard, les protestations atteignaient le sud-est du pays, où les Roms avaient opté pour une méthode plus radicale en prenant d'assaut les magasins ! A Trebisov, à vingt kilomètres de la frontière hongroise, d'autres Tziganes révoltés, prêts à piller, se sont heurtés à la police, qui a fini par encercler et ratisser leur quartier. Le 24 février, Bratislava décidait d'envoyer davantage de policiers ainsi que des militaires (sans armes) en renfort, ce qui allait calmer les esprits. »
Dans les pays voisins, leur situation ne semble guère plus enviables : « en Slovaquie, en Hongrie et en République tchèque aussi les Roms constituent la couche sociale la plus démunie. »
Et dans cette partie de l'Europe où nous vivons ?
Quelle place pour eux, quelle place pour les plus pauvres, nomades ou sédentaires ?
Dans cette Europe qui redoute les flux migratoires et se protège à l'aide de mesures 'transitoires'.
A l'heure où vont s'ouvrir les frontières, ne restera-t-il pas deux Europe : celle de ceux qui possèdent les richesses et celles des plus pauvres ?
Frontière inamovible ?
Avoir faim dans un pays riche, liberté où es-tu ?

