
Si je puis me permettre d'intervenir (et de mettre les pieds dans le plat, vous me connaissez

), le scandale n'est ni que la détention provisoire existe, ni qu'on puisse être délivré avant terme.
Le scandale est plutôt au niveau de ceux qui sont amenés à prendre de telles décisions.
Que la mise en détention provisoire repose (ou reposât, la loi a un peu changé) sur la seule décision, presque inattaquable, d'un juge d'instruction dont par ailleurs tout prouve l'incompétence (mais pourquoi n'est-il pas mieux encadré...), et qui peut (ou pouvait) d'ailleurs décider de cette incarcération juste pour faire "craquer" un suspect, c'est ça qui est infâme. Aujourd'hui c'est un juge des détentions qui doit le faire, mais qui pour ainsi dire ne connaît pas le dossier et décide également seul ; c'était une toute petite avancée, mais aller plus loin ne semble pas être dans l'air du temps...
Dans le second cas, le scandale est d'abord qu'un juge d'application ait pu prendre cette décision - mais bien souvent, elles sont prises pour libérer de la place dans les prisons, qui sont pleines à 120% en France

. Mais le scandale est surtout qu'un psychopathe manifeste comme P. Bodein soit allé en
prison - ce qui est une instance répressive, mais en théorie rationnelle, puisque la peine et la libération sont fonctions des faits commis en conscience par un individu avant puis dans la prison. Or Bodein est irresponsable, irrationnel et dangereux, il relève d'une institution psychiatrique, où il aurait dû rentrer et ne jamais sortir.
Je ne pense pas qu'il y ait de divergence manifeste entre ce que je dis là et ce que disait Beaumont et les autres. Ce que je dis simplement, c'est que le "tout répressif" est non seulement dangereux (affaire d'Outreau) mais encore contre-productif (affaire Bodein) ; et j'espère franchement (mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions

) que l'affaire Bodein et l'affaire Forniret ne vont pas relancer une "psychose sécuritaire" qui a déjà fait tellement de mal en France.